Ecologie Industrielle et Territoriale | RFEIT / Rencontres Francophones de l’Ecologie Industrielle et Territoriale

Ecologie Industrielle et Territoriale

Ecologie Industrielle et Territoriale

Un peu d’histoire

L’expression d’écologie industrielle (EI) apparaît sporadiquement dans la littérature dans les années 1960 et 1970 mais se fait surtout connaître à la parution d’un article dans le Scientific American, en 1989. Ce numéro spécial consacré à la « Gestion de la Planète Terre », permet à Robert A. Frosch et Nicholas E. Gallopoulos de la Direction de la Recherche de General Motors, d’expliciter la spécificité de l’écologie industrielle. Dans leur article, ils proposent en effet d’établir une analogie forte entre les écosystèmes naturels et les systèmes industrialisés : « Le modèle traditionnel de l’activité industrielle – dans lequel tous les procédés de fabrication utilisent des matières premières, créent des produits qu’il faut vendre et des déchets dont il faut se débarrasser – doit être transformé en un modèle plus intégré : un écosystème industriel. L’écosystème industriel fonctionnerait par analogie avec les écosystèmes biologiques ».

Depuis et en plus des expériences de terrain, quatre revues scientifiques publient régulièrement des articles sur le sujet : Journal of Industrial Ecology, Business Strategy and the Environment, Journal of Cleaner Production et Progress in industrial Ecolog. De son côté, la revue Déchets, Sciences et Techniques, se propose d’être la « Revue francophone d’écologie industrielle ».

 

De l’écologie industrielle à l’écologie industrielle et territoriale

L’oxymore est trompeuse : l’écologie industrielle porte bien sur l’ensemble des activités humaines et non pas seulement sur les industries au sens étroit du terme. Toutes les activités qui produisent, consomment et rejettent des matières et de l’énergie sont concernées par les approches d’écologie industrielle. Les entreprises sont donc évidemment parties prenantes de cet écosystème à constituer, comme les exploitations agricoles ou les établissement publics appartenant au territoire considéré. C’est pourquoi les praticiens parlent de plus en plus d’écologie industrielle ET territoriale, voire pour certains, d’écologie territoriale directement.

 

Une stratégie opérationnelle

Avec l’écologie industrielle et territoriale, réconcilier écologie et économie devient possible. En invitant à s’inspirer du fonctionnement optimal des écosystèmes naturels, l’écologie industrielle et territoriale propose des axes d’amélioration lisibles, compréhensibles et accessibles :

  • valoriser et échanger les matières et énergies;
  • mutualiser les moyens et les services;
  • partager les infrastructures;
  • créer des activités intermédiaires, permettant de combler les chainons manquants dans l’écosystème industriel local entre une activité émettrice d’un côté et une activité consommatrice de l’autre, etc.

 

L’objectif étant, in fine, de sortir d’un système de production/consommation linéaire, pour tendre vers un système circulaire (en Chine on parle d’ailleurs d’économie circulaire) dans lequel l’usage des flux de matières et d’énergies est optimisé, en circuit court, sur un territoire donné.